Entretien avec l'écrivain Alexandre Najjar

13 avril 2021


Fidèles à notre habitude, nous avons sollicité la présence d’Alexandre Najjar, pour l’honorer bien évidemment puisqu’il a été récompensé par le Grand Prix de la Francophonie décerné par l’Académie française ; mais aussi, pour permettre à nos jeunes élèves de participer concrètement au CVL (conseil de la vie lycéenne) et au PEAC (parcours d’éducation artistique et culturelle).
Comme nous le savons, Najjar est un écrivain libanais d’expression française, auteur d’une trentaine de livres touchant à différents genres littéraires. Il a écrit des romans, des essais, des poèmes et même une biographie, celle de Khalil Gibran.
Rien ne semble freiner sa frénésie de l’écriture qui répond au besoin viscéral d’éradiquer l’injustice dans le monde. C’est d’ailleurs cette haine de l’injustice qui va le pousser à opter pour des études de droit tout comme l’a fait le « Ténor », son père.
Toutefois, ce qui est réellement honorable dans son parcours, c’est qu’à chaque fois qu’il a été rétribué de ses efforts, il s’est retourné, en fils fidèle, vers cette pauvre terre/mère, aujourd’hui délabrée, comme un enfant à la quête de la reconnaissance maternelle. Cette mère, elle porte deux noms dans ses romans. Tantôt il l’appelle Mimosa, tantôt il l’appelle Beyrouth.
Voici quelques impressions recueillies auprès des élèves ayant participé à l’entretien :

Maria-Rita Kodeih : Najjar considère qu’écrire en français n’est une infidélité à la langue maternelle puisque le Liban est au centre de ses écrits.
Sacha Akiki : Peu importe la langue utilisée, l’essentiel c’est de glorifier Beyrouth.
Reine Tawa + Joya Maria Fermanian : Najjar exerce deux métiers, il est avocat et écrivain. Selon lui, dans cette fonction duale, l’écriture constitue la réflexion alors que le métier d’avocat est l’action. De plus, Alexandre Najjar semble très attaché au Liban au point de refuser de le quitter.

Vanessa Hannoun + Kloe kyriakides : Selon Najjar, les Libanais devraient être fiers de pouvoir s’exprimer en trois langues différentes. Ceci est une preuve de culture et d’intelligence puisque nous pouvons interagir facilement avec les autres populations. Il a ajouté qu’il ne faut jamais abandonner ses rêves mais plutôt se battre pour les réaliser.
Joy Hayek + Cédric Ibrahim + Gabriel Kalaany: En parlant de son parcours académique, M. Najjar ne nous a pas déconseillé de poursuivre nos études à l’étranger si nous le désirions sans toutefois renier nos origines. À la fin de la réunion, il a ajouté qu’on devait développer nos talents pour échapper au monde réel plein de guerres, de crises et de malheurs.
Marianne Zahr : Écouter M. Najjar dire qu’une situation aussi négative que la guerre l’a poussé à écrire, m’a permis de voir le bon côté des choses, de ne jamais perdre espoir et de croire en moi quoi qu’il arrive.